LE DEVENIR DES DIPLOMES DE DEA

I. LES DIPLOMES DE 1994 (situation en février 1995) :

Moins d'un diplômé de DEA sur deux s'engage dans la préparation d'une thèse immédiatement après l'obtention du diplôme.

A partir des 40,1 % de cas de poursuites d'études en doctorat effectivement dénombrés et des 15 % de cas non précisés, on peut estimer qu'en 1994 la proportion des diplômés de DEA qui vont s'engager réellement dans la préparation d'une thèse n'atteint pas 50 %.

On peut supposer en effet que les cas de non-poursuite d'études après l'obtention du diplôme sont plus fréquents chez les étudiants qui, ne restant pas un contact avec leur formation de DEA, sont répertoriés parmi les cas non précisés.

Par rapport à 1993, on assiste à une nouvelle baisse des taux de poursuites d'études en doctorat, donc à la poursuite d'une tendance amorcée depuis 1989. Mais une partie de l'accroissement des départs au service national peut être le fait d'étudiants qui décideront de préparer une thèse une fois libérés : une compensation partielle de la baisse du taux de poursuite en doctorat peut donc se produire avec un décalage d'une ou deux années. On sait que, pour les ingénieurs au moins, cette décision dépend de la conjoncture économique.

On peut par ailleurs, s'interroger sur la signification du taux croissant de poursuites d'études en dehors de la thèse qui atteint presque 10 points.

Les autres devenirs atteignent globalement les mêmes proportions que les années précédentes.

On note seulement que les départs au service national sont un peu plus nombreux et que le taux d'activité professionnelle augmente de plus d'un point par rapport au taux de 1993 indiqué par la précédente enquête, traduisant un regain des insertions dans le secteur des entreprises.

Les retours d'étrangers dans leurs pays représentent une proportion pratiquement stable des devenirs (3,2 %). De fait, moins d'un étranger sur cinq retourne dans son pays après avoir obtenu le DEA.

Les 3,3 % de "sans emploi" doivent être comparés aux 2,9 % et aux 2,3 % relevés pour les diplômés de 1993 et de 1992 dans les deux enquêtes précédentes : ce taux, qui reste très bas, traduit néanmoins une difficulté croissante d'insertion.

Analyse, par direction scientifique, pédagogique et technique, des devenirs après l'obtention du diplôme :

. en mathématiques (DSPT 1), le taux d'activité professionnelle à l'issue du DEA a diminué par rapport à 1993, sauf pour ce qui concerne les entreprises. Le taux de poursuite d'études en doctorat a augmenté et les diplômés qui se dirigent vers la thèse sont relativement plus nombreux que dans toutes les autres disciplines.

. en sciences de la matière et génie des procédés (DSPT 2), le taux de poursuite en doctorat approche 50 % et la proportion élevée (24 %) des départs au service national donne à penser que d'assez nombreuses poursuites en doctorat interviendront à court terme. Malgré un flux d'insertions en entreprises qui sort de la marginalité (170 diplômés), le taux d'activité professionnelle est ici le plus faible (7 %, 260 diplômés), du même ordre que celui de "sans emploi" qui, pour sa part, continue de poser problème puisqu'il frôle toujours le double du taux moyen.

. les sciences de la terre et de l'univers (DSPT 3) connaissent également un taux de poursuite en doctorat qui doit dépasser 50 % si on tient compte des nombreux départs au service national. Ce secteur disciplinaire ne se distingue du précédent que par un taux d'activité professionnelle qui reste un peu plus élevé malgré un recul des insertions en entreprise (25 diplômés seulement).

. les sciences et technologies de l'information (DSPT 4), dont les DEA regroupent une forte proportion d'ingénieurs en fin de scolarité, se caractérisent par un des plus faibles taux de poursuites d'études en doctorat lié à un taux élevé de départs au service national (>30%).
Le taux d'activité professionnelle se rapproche de la moyenne gr‰ce aux insertions en entreprise qui progressent de près de trois points à 9,9 % (280 diplômés) et le taux de "sans-emploi" reste faible.

. en biologie, médecine et santé (DSPT 5), le taux de poursuite d'études en doctorat atteint presque 50 % mais les faibles taux des départs au service national et des cas non précisés ne laissent pas prévoir qu'il dépassera largement cette valeur dans les faits. Le taux d'activité professionnelle est significativement supérieur à la moyenne (21 %, 780 diplômés), essentiellement gr‰ce aux recrutements dans les hôpitaux et à une légère progression du nombre des insertions en entreprise.

. les sciences humaines et sociales (DSPT 6) connaissent le plus fort taux de poursuites d'études hors doctorat (13 %), très probablement pour la préparation de l'agrégation, de même qu'un taux relativement élevé d'activité professionnelle (19 %, soit 1.000 diplômés hors enseignement secondaire, auxquels s'ajoutent 555 diplômés de l'enseignement secondaire). Les départs au service national sont rarissimes mais la forte proportion des situations non précisées peut signifier une certaine sous-estimation du nombre des poursuites en thèse qui pourrait avoisiner 50 %.

. en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion (DSPT 7), le taux de poursuites d'études en thèse (32,9 %) est le plus bas et le taux d'activité professionnelle (18,5 %, 1.200 diplômés) est un des plus élevés malgré un nombre record de cas non précisés. Ceci illustre le fait que le DEA est encore souvent considéré dans ces disciplines comme un diplôme de fin d'études. Ce secteur représente ainsi plus du tiers de l'ensemble des recrutements en entreprise à l'issue du DEA.

. en mécanique, génie électrique, productique, transport et génie civil (DSPT 8), les devenirs après le DEA présentent de grandes analogies avec ceux des sciences et technologies de l'information, à ceci près que les insertions en entreprises ont connu une progression plus modeste. C'est ce secteur qui détient le taux record (1/3) de départs au service national.

II. LES DIPLOMES DE 1993 (situation en février 1995) :

A partir des 43,5 % de cas de poursuites d'études en doctorat effectivement dénombrés et des 15 % de cas non précisés, on peut estimer qu'en 1993, une petite moitié seulement des diplômés de DEA s'est engagée dans la préparation d'une thèse, le cap de la moitié étant cependant largement dépassé dans au moins quatre directions scientifiques : sciences de la matière et génie des procédés, sciences de la terre et de l'univers, mathématiques, et biologie, médecine, santé. On peut cependant s'interroger sur la réalité du pourcentage de 10,1 % de diplômés qui sont répertoriés "service national" et estimer que nombre d'entre eux sont, au moment de l'enquête, engagés dans la vie professionnelle ou dans la préparation d'une thèse.
En fait, le cap des 50 % de poursuites d'études en thèse est probablement franchi.

Le devenir des diplômés de 1993 appara"t ici avec un an de recul par rapport aux résultats de la précédente enquête annuelle. Les différences que l'on peut observer entre les deux enquêtes traduisent un effet de "consolidation" des données les plus anciennes, déjà publiées, effet que l'on retrouvera lorsqu'il s'agira des diplômés en doctorat. Cette consolidation, dont l'amplitude est faible, ne réserve aucune surprise.

Elle a cependant le mérite d'indiquer une marge d'interprétation pour les données les plus récentes, relatives aux diplômés de 1994.

On retrouve donc les diplômés de 1993 un peu moins nombreux au service national (-1,8 points), et en recherche (-0,3 point). Ils apparaissent a contrario plus souvent engagés dans la vie professionnelle (+1,6 point) surtout dans le secteur des entreprises. Le nombre des retours d'étrangers dans leurs pays d'origine progresse très légèrement (+ 0,1 point).

DEVENIR1993 1993 1993 1994 1994
En nombre En % En nombre En %
POURSUITES D'ETUDES 14 478 52,2 14 350 49,9
dont doctorat 12 056 43,5 11 545 40,1
RETOUR D'ÉTRANGER DANS LEURS PAYS 981 3,5 923 3,2
ACTIVITE PROFESSION NELLE 4 583 16,5 4 619 16,1
Enseignement secondaire 885 3,2 793 2,8
Enseignement supérieur 425 1,5 320 1,1
dont ATER 64 0,2 39 0,1
Organismes de recherche 201 0,7 220 0,8
Secteurs des entreprises 1 638 5,9 1 743 6,1
Administrations 808 2,9 799 2,8
Autres 626 2,3 744 2,6
SERVICE NATIONAL 2 788 10,1 3 608 12,5
SANS EMPLOI 714 2,6 942 3,3
NON PRECISE 4 195 15,1 4 324 15
TOTAL DES DIPLÔMÉS 27 739 100 28 766 100


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Contact : Bureau des allocations de recherche