En sciences "dures" en sciences de la vie, la quasi-totalité des docteurs qui ont soutenu leur thèse en 1994 ont bénéficié d'un financement public ou privé pour préparer leur thèse.
Les pourcentages indiqués dans le tableau des résultats bruts de l'enquête - qui vont de 61 % pour la recherche clinique à 94 % pour les sciences de la terre et de l'univers - doivent sans doute être révisés à la hausse pour tenir compte des financements non indiqués. Hormis la recherche clinique, les mathématiques et les biomolécules, où les effectifs des docteurs ne sont pas parmi les plus nombreux, tous les pourcentages excèdent 80 % et souvent 90 %.
Dans un petit nombre de cas, ce financement est un salaire. Dans trois disciplines leur proportion dépasse 10 % : les mathématiques, la physiologie et la mécanique des solides/génie civil. On y trouve respectivement des professions du secondaire, des praticiens en médecine et des ingénieurs de l'Equipement.
Les bourses pour étrangers sont plus fréquentes mais elles sont loin de couvrir tous les docteurs étrangers qui accèdent aussi à d'autres types de financement. Elles ne dépassent la proportion de 20 % des financements qu'en mathématiques et en mécanique/génie civil.
Les autres aides assurent en général un niveau de financement comparable à celui des allocations de recherche.
En sciences humaines et sociales ainsi qu'en droit, moins d'un docteur sur deux est déclaré avoir obtenu un financement pour préparer sa thèse.
Cette proportion est sans doute inférieure à la réalité car le nombre des doctorants salariés est sous-estimé dans les résultats d'enquête. Dans ces disciplines, les doctorants salariés déclarés représentent plus de la moitié des financements en langues et littératures, plus de 30 % en sciences humaines et en sciences sociales et le quart en droit.
Les autres financements, hormis les bourses pour étrangers, reposent essentiellement sur fonds publics, les associations et les entreprises n'apparaissent qu'à la marge. Ils ne représentent qu'une petite moitié des financements et les allocations de recherche y prennent la plus grande part (deux sur trois).
En économie et gestion, environ les deux tiers des docteurs ont obtenu un financement.
Les allocations de recherche jouent là aussi un rôle majeur puisqu'elles représentent plus des deux tiers des financements hors salaires et hors financements pour étrangers.
Trois catégories de docteurs, selon le type de financement de la thèse :
Le tableau ci-après, extrait du tableau général, montre comment se répartissent, par DSPT, les docteurs qui ont soutenu leur thèse en 1994, selon qu'ils ont bénéficié :
Une mention particulière doit être faite concernant les docteurs qui apparaissent en tant que salariés dans la rubrique "autres financements". Ces salariés sont en effet en quasi-totalité des enseignants du secondaire, des ATER ou des agents (souvent non-titulaires) de certaines administrations comme l'Assistance Publique, l'Equipement ou la Défense. Nombre d'entre eux ont travaillé à temps partiel et certains ont obtenu un congé pour préparer leur thèse. Ils sont un peu plus ‰gés que la moyenne mais se situent le plus souvent au début de leur cursus professionnel. C'est pourquoi il semble approprié de parler à leur sujet de "financements" en parallèle avec des dispositifs d'aide qui, d'ailleurs, comportent aussi des rémunérations salariales stricto sensu tels que les CIFRE. Ces salariés figuraient, dans les statistiques concernant les docteurs 1993, sous les rubriques "bourses indéterminées" et "autres boursiers" (dans le chapitre consacré au devenir professionnel des docteurs).
Cela dit, la majorité des docteurs qui ont dû pratiquer peu ou prou une activité salariée pour financer leurs études doctorales se trouve dans la rubrique "sans financement connu".
| DSPT | ALLOCATIONS DE RECHERCHE | AUTRES FINANCEMENTS | SANS FINANCEMENT CONNU | TOTAL | |
| 1 | 150 | 169 | 37 | 92 | 411 |
| 2 | 657 | 1245 | 87 | 185 | 2087 |
| 3 | 177 | 213 | 21 | 24 | 414 |
| 4 | 386 | 655 | 79 | 113 | 1154 |
| 5 | 590 | 957 | 185 | 325 | 1872 |
| 6 | 175 | 468 | 252 | 1348 | 1991 |
| 7 | 197 | 239 | 100 | 561 | 997 |
| 8 | 198 | 532 | 79 | 78 | 808 |
| TOUS | 2530 | 4478 | 840 | 2726 | 9734 |
Nota : le nombre de salariés dans la rubrique "autres financements" est rappelé entre parenthèses.
Remarques méthodologiques sur les allocataires de recherche et les bénéficiaires de CIFRE :
1 - Comparé au nombre des allocations attribuées 3 ou 4 ans plus tôt (voire plus de 4 ans dans le cas des sciences humaines et sociales), le nombre des docteurs ex-allocataires recensés par l'enquête accuse un certain déficit dû aux abandons en cours de thèse et aux questionnaires non ou mal remplis. En conséquence, les 2.530 allocataires de recherche recensés ici pour 1994 peuvent être mis en regard des quelques 2.850 allocations attribuées, selon les disciplines 3 à 5 années plus tôt : c'est donc 88,8 % des allocataires qui sont recensés à la sortie du dispositif (voir tableau ci-après) :
| Groupes sectoriels | Durée moyenne de la thèse | allocations attribuées N ans plus tôt N = entier < n | allocations attribuées N' (N +1) ans plus tôt | Nombre théorique de docteurs 1994 allocataires | Docteurs 1994 allocataires recensés | Proportion de docteurs allocataires recensés |
| Mathématiques | 3,8 | 151 | 128 | 133 | 150 | 100% |
| Physique et chimie | 3,4 | 726 | 630 | 688 | 627 | 91% |
| sc de la Terre | 3,7 | 200 | 180 | 186 | 177 | 95% |
| Sciences pour l'ingénieur | 3,7 | 719 | 615 | 646 | 614 | 95% |
| Sc de la Vie et de la Santé | 3,9 | 724 | 609 | 621 | 590 | 95% |
| Sc de l'homme et de la société | 4,6 | 638 | 483 | 576 | 372 | 65% |
| ENSEMBLE | 3,9 | 3158 | 2645 | 2850 | 2530 | 88,80% |
Cependant, l'interprétation de la notion même de durée de la thèse - exprimée en années entières- laisse une marge d'incertitude dont l'incidence sur le résultat de ce type de calcul n'est pas négligeable en période de fort accroissement du nombre des allocations de recherche : une thèse soutenue en janvier 1994 correspondant à une allocation de recherche obtenue à la rentrée universitaire 1990-1991 (donc au titre de l'année civile 1990) peut avoir été comptabilisée avec une durée de trois ans alors que l'allocation a été obtenue sur un contingent déjà vieux de quatre ans.
Ainsi, en rapportant les 2.530 allocataires recensés aux 2.645 allocations attribuées N' années plus tôt, N' étant l'arrondi entier supérieur de la durée de la thèse, on trouve une proportion d'allocataires recensés de 95,7 %.
2 - C'est seulement les deux tiers des bénéficiaires de CIFRE (388 exactement, à comparer aux 580 conventions conclues en 1991) qui sont recensées. On peut admettre qu'il existe à leur sujet un "effet d'éloignement", cause d'une sous-estimation du nombre des conventions, davantage suivies par les responsables de laboratoire que par les responsables de DEA.
Contact : Bureau des allocations de recherche