LE DEVENIR PROFESSIONNEL DES DOCTEURS 1994 PAR G.E.R.
ET SELON LE TYPE DE FINANCEMENT DE LA THÈSE
En tenant compte des cas de situations non connues et des étrangers retournés au pays, c'est 9.700 docteurs qui ont été recensés sur les listes nominatives, soit 95 % de l'ensemble des docteurs de 1994. (Pour la plupart des disciplines scientifiques, les listes nominatives recouvrent pratiquement la totalité des thèses recensées).
I.
ENSEMBLE DES DOCTEURS
Remarques préliminaires :
1.
2. Les pourcentages indiqués dans les tableaux portent sur les populations réellement observées. Par rapport aux 9.700 docteurs recensés dans l'enquête, on a éliminé 1.100 docteurs pour lesquels les informations n'étaient pas assez précises ainsi que 1.100 docteurs étrangers de retour dans leurs pays d'origine. Cela dit, l'insertion des docteurs étrangers en France ne fait pas l'objet d'une étude séparée.
Les résultats globaux, comparés à ceux de l'enquête menée quelques mois après la thèse pour les docteurs 1993, traduisent une assez grande continuité depuis un an, plus précisément :
. une stabilisation relative du nombre des séjours post-doctoraux et de poursuites d'études, dont la proportion passe de 22 % à 21,1 % de la population observée, ce qui représente tout de même un accroissement absolu de près de 300.
. une stabilisation de la proportion des docteurs qui se destinent aux carrières de l'enseignement supérieur, mais un accroissement absolu de plus de 500. Avec 18,1 %, les emplois d'ATER pèsent plus lourd que les 15,8 % d'emplois représentant des débouchés au sens strict dans l'enseignement supérieur. En chiffres bruts, ces derniers ont cependant progressé de 200,
. un coup d'arrêt de la baisse des débouchés en entreprise qui stagnent en valeur relative autour de 12,5 % des débouchés, mais, qui, en valeur absolue, progressent de 200,
. un léger recul relatif de la proportion des débouchés dans les organismes publics de recherche : moins un point, mais une soixantaine de recrutements supplémentaires.
. une nouvelle croissance de la proportion des "sans emploi" qui prend un peu plus d'un point à 11,5 %. En chiffres absolus, l'accroissement est de 240. Il faut préciser ici que tous les cas de situations précaires, tels que les vacataires, sont classés sous cette rubrique.
. des débouchés dans l'enseignement secondaire pratiquement stables, à hauteur de 5,8 %.
. une petite centaine d'emplois supplémentaires classés en "administration", dont 43 pour le seul secteur hospitalier qui totalise en peu plus de 42 % de ces débouchés.
. un taux de retour des étrangers dans leurs pays d'origine qui continue de baisser, atteignant 38 % contre un peu moins de 40 % en 1993, 45 % en 1992 et 55 % en 1990.
En résumé, on constate par rapport à 1993 un accroissement de 680 du nombre des débouchés stables des docteurs à l'issue de la thèse, qui se trouve masqué par la progression de 1.530 de la population des docteurs observés.
Ce nouvel excédent (850) de docteurs par rapport aux débouchés se répartit sur les postes d'ATER (+ 320), les séjours post-doctoraux (+ 270) et le flux des "sans-emploi" (+ 240).
Il semble que le volume des emplois accessibles aux docteurs à l'issue de la thèse n'a pas encore été considérablement amputé par l'afflux des candidatures de post-doctorants arrivés en fin de séjour, ou d'ATER parvenus en fin de contrat.
La promotion des docteurs 1994, plus nombreuse que la précédente, n'a pas été épargnée par la crise de l'emploi, puisque les insertions professionnelles "stables" - ou, si l'on préfère : "à caractère durable" - représentent toujours moins de la moitié des cas. Cette situation risque de créer à terme, par effet cumulatif, un "bourrelet" de docteurs. Encore convient-il de nuancer ce constat : il devient en effet de plus en plus difficile de porter une appréciation objective sur ce qui est stable ou durable en matière d'insertion professionnelle.
Toutefois les données consolidées de 1994, qui seront issues de la prochaine enquête, feront apparaître des taux d'insertion professionnelle supérieurs de plusieurs points, comme c'est actuellement le cas pour les insertions des docteurs de 1993 avec une amélioration de près de 7 points.
DEVENIR PAR TYPE DE FINANCEMENT :
Les allocataires de recherche se destinent de plus en plus aux carrières universitaires.
Ils sont regroupés en effet à 43 % dans les rubriques "ATER" et "enseignement supérieur hors ATER".
On observe une forte majorité d'ATER : 2,4 ATER pour un emploi permanent dans l'enseignement supérieur alors que pour l'ensemble des docteurs la proportion est de 1,1. A eux seuls, les allocataires de recherche fournissent plus de la moitié du contingent des docteurs qui occupent ce type de poste à l'issue de la thèse.
C'est également chez eux que l'on trouve le plus fort taux de post-doctorants. Plutôt plus jeunes que les autres catégories de docteurs, ils sont un peu plus nombreux à effectuer le service national.
En contrepartie leur insertion en entreprises atteint à peine la proportion de 7 % et on les trouve encore à deux points au-dessous de l'ensemble des docteurs pour les recrutements dans les organismes de recherche.
Depuis 1990, un décalage considérable s'est produit puisqu'à l'époque les entreprises et administrations recrutaient le tiers des allocataires à l'issue de la thèse, devançant l'enseignement supérieur qui en attirait le quart et les organismes de recherche qui en recrutaient un peu plus du cinquième.
Les "autres financements" (catégorie qui inclut également des salariés) apparaissent sensiblement moins attirés que la moyenne par les carrières universitaires mais cela concerne surtout les emplois d'ATER: le taux d'insertion dans les emplois permanents de l'enseignement supérieur n'est inférieur que de deux points au taux moyen et dépasse même légèrement celui des allocataires de recherche.
C'est la catégorie de docteurs qui s'insère le mieux dans les organismes de recherche et surtout dans les entreprises. La nature des financements (salaires, contrats CIFRE et bourses d'organismes de recherche) explique en partie cette prédominance.
Les docteurs "sans financement" constituent la population la moins homogène. Certains ont bénéficié d'un soutien familial ou d'un financement qui n'a couvert qu'une partie du temps de la préparation de la thèse. D'autres ont occupé des emplois occasionnels ou ont préparé leur thèse en étant fonctionnaire. On trouve également des retraités.
La moitié d'entre eux appartient au secteur des sciences humaines et sociales. Ce déséquilibre statistique explique en grande partie pourquoi ils sont moins nombreux à entreprendre un séjour post-doctoral ou à partir au service national. En revanche, ils sont les plus présents dans l'enseignement - supérieur et secondaire- et dans les administrations. Dans l'enseignement supérieur, ils s'insèrent presque deux fois plus souvent sur des postes permanents que sur des postes d'ATER.
Le taux de "sans emploi" varie peu d'une de ces trois populations à l'autre. Il est légèrement supérieur au taux moyen chez les "autres financements".
C'est chez les docteurs "sans financement" qu'on trouve le plus de situations non précisées (25 % des thèses recensées) et chez les allocataires de recherche qu'elles sont les plus rares (5 %).
II. ANALYSE PAR DISCIPLINE (G.E.R.)
Mathématiques et leurs applications (GER 1.0) :
Dans cette discipline, les séjours post-doctoraux sont encore relativement peu nombreux (un peu plus de la moitié du taux général) et l'attraction de l'enseignement supérieur joue à plein (65 % pour les allocataires de recherche où les ATER sont particulièrement nombreux). L'enseignement secondaire est relativement bien représenté.
L'année 1994 ne se différencie de l'année 1993 que par un recul des insertions en entreprises et une progression du taux de "sans emploi" qui se rapproche du taux moyen.
Seuls les "autres financements" s'insèrent de façon significative dans les organismes de recherche et dans les entreprises.
Une caractérisation de cette discipline est la forte présence des étrangers (41 % des soutenances) et leur faible taux de retour dans leurs pays d'origine (24 % seulement).
Physique et sciences des matériaux (GER 2.1) :
Le seul fait marquant par rapport à l'année précédente est une amélioration sensible de l'insertion en entreprises qui concerne 70 docteurs contre 47 en 1993. Ce sont surtout les "autres financements" qui bénéficient de cette reprise. Les entreprises et les administrations insèrent la même proportion (12 %) des docteurs à l'issue de la thèse qu'en 1992.
On note également une légère diminution du taux des "sans emploi" qui reste cependant supérieur à la moyenne.
Le taux des séjours post-doctoraux croît encore légèrement. Les ATER représentent un docteur sur cinq, comme en 1993, et un allocataire sur trois.
Chimie et sciences des matériaux (GER 2.2) :
Malgré quelques recrutements supplémentaires, l'insertion en entreprises affiche un taux légèrement en retrait par rapport à l'an dernier, ce qui confirme la dégradation observée depuis 1990, même si, avec près de 16 %, il reste sensiblement supérieur à la moyenne.
Pour le reste, la situation de l'emploi des docteurs à l'issue de la thèse apparaît très morose. Les "sans emploi" ont franchi le seuil des 20 % bien qu'un docteur sur trois se soit engagé dans un séjour post-doctoral. Les recrutements dans les organismes de recherche, qui ont fondu d'un tiers, se trouvent réduits à la portion congrue et ne bénéficient guère qu'aux "autres financements" qui obtiennent déjà les quatre cinquièmes des recrutements en entreprises.
Près de sept allocataires de recherche sur dix sont en stage post-doctoral ou dans l'enseignement supérieur. Les "autres financements", plus nombreux, s'insèrent à peu près dans la même proportion que les allocataires de recherche sur les postes permanents de l'enseignement supérieur.
Génie des procédés (GER 2.3) :
Alors que la proportion des post-doctorants est ici nettement inférieure à la moyenne, on constate un taux de "sans emploi" élevé qui s'est détérioré en un an.
Ce domaine disciplinaire numériquement modeste présente encore des débouchés significatifs en entreprises (21 % des docteurs) dont ont particulièrement bénéficié les "autres financements".
Sciences de la terre et de l'univers (GER 3.1) :
Ce domaine disciplinaire se présente un peu mieux que les précédents pour ce qui concerne l'insertion professionnelle des docteurs puisque près de la moitié d'entre eux trouve une situation a priori stable à l'issue de la thèse. Les organismes de recherche et les entreprises ont accru le nombre de leurs recrutements.
Le taux de "sans emploi" reste cependant dans la moyenne et celui des post-doctorants ex-allocataires de recherche se maintient à un niveau élevé.
Informatique, traitement du signal, automatique, robotique (GER 4.1) :
Les débouchés extra-universitaires de ce secteur, qui se sont considérablement érodés ces dernières années, remontent légèrement pour retrouver à peu près les chiffres absolus de 1992. Les "autres financements" totalisent à eux seuls les trois quarts de ces débouchés.
La proportion des post-doctorants reste relativement faible et le taux des "sans emploi" demeure contenu en dessous de la moyenne bien qu'il progresse de deux points en un an. La forte augmentation de la proportion des ATER, due essentiellement aux allocations de recherche, risque de poser problème à terme (+ 6 points en un an).
Electronique, Optique, Optoélectronique (GER 4.2) :
Comme dans le GER précédent, les post-doctorants sont assez peu nombreux. Le taux de "sans emploi" a progressé aussi de deux points, mais à un niveau supérieur à la moyenne.
Pourtant on note une reprise substantielle des recrutements en entreprises qui ont grimpé de 6 points en un an.
Malheureusement les recrutements dans les organismes de recherche fléchissent ainsi que dans les universités sauf sur les postes d'ATER, massivement occupés par les allocataires de recherche.
Là encore les "autres financements" s'adjugent les trois quarts des débouchés en entreprises ; ils ne désertent pas pour autant les emplois dans les organismes de recherche ou dans l'enseignement supérieur (hors ATER) qu'ils occupent dans des proportions d'ailleurs légèrement supérieures à celles de l'ensemble des docteurs de ce secteur disciplinaire.
Aspects moléculaires et cellulaires de la biologie (GER 5.1) :
Le seuil des 50 % de post-doctorants vient d'être atteint dans ce GER qui comprend 53 % des docteurs du vaste secteur des sciences de la vie et de la santé.
Du côté des organismes de recherche, des hôpitaux (administrations) comme du côté des postes permanents de l'enseignement supérieur, la tendance générale est à l'érosion du nombre des recrutements à l'issue de la thèse. Seules les entreprises entrouvrent un tout petit peu plus leurs portes aux nouveaux docteurs 1994.
Chez les allocataires de recherche, le cap des 60 % de post-doctorants a été franchi tandis que l'on compte six fois plus d'ATER que de docteurs recrutés sur des postes a priori stables de l'enseignement supérieur. Mais ce sont eux qui enregistrent la plus faible proportion de "sans emploi'".
Les "autres financements" totalisent 80 % des recrutements dans les hôpitaux, plus de 70 % des recrutements permanents de l'enseignement supérieur et 60 % des insertions dans les organismes de recherche et les entreprises alors qu'ils ne sont que la moitié des docteurs.
Les "sans financement", relativement peu nombreux, partent un peu moins en séjour post-doctoral mais connaissent le plus fort taux de "sans emploi".
Physiologie et biologie des organismes. Population. Interactions (GER 5.2) :
On peut noter que ce GER deux embellies par rapport à l'insertion professionnelle des docteurs 1993 : une quinzaine de recrutements supplémentaires dans les organismes de recherche et 20 recrutements permanents de plus dans l'enseignement supérieur.
La proportion de post-doctorants diminue, surtout chez les allocataires de recherche, de même que celle des ATER.
Les insertions en entreprises stagnent tandis que les recrutements dans les hôpitaux, pratiquement confisqués par les "autres financements", se raréfient.
Il résulte de ces évolutions contrastées un accroissement de deux points du taux de "sans emploi" qui passe au-dessus du taux moyen et auquel les allocataires de recherche et les "sans financement" paient le plus lourd tribut.
Biomolécules, pharmacologie, thérapeutique (GER 5.3) :
Dans ce "petit" numériquement parlant - secteur des sciences de la vie, les hôpitaux et les entreprises ont assuré le recrutement d'un tiers des docteurs à l'issue de la thèse. Le taux des post-doctorants a diminué mais ceux des ATER et surtout des "sans emploi" se sont accrus en restant néanmoins en deçà des taux moyens.
Recherche clinique, innovation technologique, santé publique (GER 5.4) :
Ce secteur des sciences de la vie le plus tourné vers la pratique médicale a vu doubler en un an ses débouchés dans les hôpitaux. Par ailleurs près du tiers (9 sur 29) des emplois classés en entreprises appartiennent à des professions libérales liées à l'exercice de la médecine. Les "vrais" débouchés en entreprises ont eux aussi connu la croissance.
Le seul point noir est le recul de moitié des recrutements permanents dans l'enseignement supérieur, compensé en partie seulement par des recrutements supplémentaires d'ATER.
Comme pour le GER précédent, le taux des post-doctorants est en baisse alors que celui des "sans emploi", en hausse, reste inférieur au taux moyen.
Sciences agronomiques, Biotechnologies agro-alimentaires (GER 5.5) :
Le plus "petit" secteur des sciences de la vie semble le plus tourné vers les entreprises, qui recrutent un bon quart des docteurs à l'issue de la thèse. C'est aussi celui où la pratique du séjour post-doctoral est la moins répandue.
Le taux de "sans emploi", qui reste relativement élevé, le faible niveau de recrutement annuel sur des postes stables dans l'enseignement supérieur et le fort accroissement du nombre des ATER peuvent néanmoins faire craindre la formation à terme d'un "bourrelet" de docteurs.
Langues et littératures (GER 6.1) :
Les résultats concernant le devenir des docteurs 1994 de ce GER ne présentent que très peu de différences avec ceux qui concernaient les docteurs 1993. Pourtant, d'une enquête à l'autre, la population observée a augmenté de façon sensible, d'une part suite à l'accroissement important du nombre des thèses soutenues dans ces disciplines (+ 37 %), d'autre part suite à l'amélioration du taux de couverture de l'enquête nominative qui est maintenant de 80 %.
Nota
: le taux de couverture de l'enquête nominative avoisine 100 % dans toutes les DSPT, à l'exception des DSPT 6 et 7 dans lesquelles il est respectivement de 82 % et de 92 %.
L'enseignement supérieur reste le principal débouché (50 %), suivi par l'enseignement secondaire (25 %, où l'on trouve en fait une majorité de cas de pré-insertion. Par rapport à 1993, la proportion d'ATER a légèrement augmenté de même que celle des "sans emploi" mais les valeurs atteintes restent bien en deçà des moyennes. On ne compte d'ailleurs qu'un ATER pour trois recrutements.
Le nombre des séjours post-doctoraux doit être minimisé pour tenir compte des poursuites d'études (notamment en vue de l'agrégation) qui entrent dans la même rubrique. De même les insertions en entreprises intègrent 13 cas d'exercice d'une profession libérale.
Les allocataires de recherche apparaissent maintenant de façon moins marginale. On constate qu'ils s'insèrent moins que les autres catégories de docteurs dans les emplois non temporaires de l'enseignement supérieur et que c'est les postes d'ATER qui sont les plus nombreux.
Les débouchés dans les entreprises (8), les professions libérales (13) et les administrations (42) atteignent presque 25 % (au lieu de 22 % pour les docteurs 1993) essentiellement grâce à un accroissement des recrutements dans les administrations. Ceci a plus que compensé une baisse relative des recrutements dans les organismes de recherche.
Le flux des docteurs qui se destinent à l'enseignement supérieur atteint toujours les 50 % et compte seulement un ATER pour deux recrutements, bien que pour les allocataires de recherche la proportion soit inversée.
Ce sont les docteurs "sans financement" qui paraissent s'insérer le mieux mais il faut tenir compte du fait que cette population comprend probablement un grand nombre de cas de pré-insertion qui n'ont pas forcément été signalés.
En tout état de cause, la faible proportion des "sans emploi" (le tiers du taux moyen) est le signe d'une situation de l'emploi peu tendue.
La situation de l'emploi dans ces disciplines présente de grandes analogies avec celle du GER précédent. La principale différence porte sur le taux de "sans emploi" qui est ici nettement supérieur bien que toujours en deçà de la moyenne générale. Les recrutements non temporaires de l'enseignement supérieur sont relativement moins nombreux mais on observe encore la proportion d'un ATER pour deux recrutements. Chez les allocataires de recherche, il y a presque égalité.
Sciences juridiques et politiques (GER 7.1) :
Soixante pour cent des docteurs recensés se destinent à l'enseignement supérieur, les ATER étant une fois et demie plus nombreux que les recrutés sur emplois permanents qui sont pratiquement un docteur sur quatre.
Les deux principaux débouchés autres que l'enseignement restent les entreprises et les administrations (près de 27 % au total). En un an les premiers paraissent avoir plus que doublé en nombre mais il faut savoir que la majorité sont des emplois de professions libérales. Pendant la même période les recrutements des administrations se sont également accrus, mais de façon plus modeste.
Il en résulte que les "sans emploi" restent très peu nombreux tandis que le nombre des post-doctorants demeure modéré.
C'est 80 % des allocataires de recherche qui se destinent à l'enseignement supérieur, mais ils sont deux fois et demie plus souvent ATER que recrutés sur emplois permanents.
Sciences économiques et de gestion (GER 7.2) :
Dans ce domaine également les docteurs se dirigent massivement (à raison de 2/3) vers l'enseignement supérieur. Cependant les ATER restent moins nombreux que les recrutés sur emplois permanents : le ratio est de un contre deux pour l'ensemble des "autres financements" et des "sans financement" mais il est pratiquement inversé pour les allocataires de recherche.
En un an, les autres types d'insertion ont vu leurs taux fléchir légèrement à l'exception des recrutements dans les administrations.
Ici aussi les "sans emploi" restent très peu nombreux et on ne constate aucune inflation du nombre des post-doctorants. Les perspectives d'insertion de ces docteurs ne peuvent pas être qualifiés de préoccupantes malgré la vive croissance du nombre des thèses (+ 24 % en un an).
Mécanique des fluides, énergétique, thermique, combustion et acoustique (GER 8.1) :
Le secteur des entreprises s'affirme ici comme le premier recruteur de docteurs à l'issue de la thèse en progressant légèrement en pourcentage par rapport à 1993 (+ 1,4 point).
Malheureusement les insertions dans les organismes de recherche et surtout dans l'enseignement supérieur se sont tassées et on assiste à une poussée sur les séjours post-doctoraux (+ 4 points en un an) et à une flambée du taux des "sans emploi" de 7 points qui le place largement au delà du taux moyen.
Les allocataires de recherche se singularisent par une proportion d'ATER particulièrement élevée (six pour un recrutement permanent dans l'enseignement supérieur). Un cinquième d'entre eux occupe un emploi en dehors de l'enseignement, comme un peu plus de 2/5 pour les "autres financements". Ces derniers sont, aussi, relativement plus nombreux à s'insérer dans les emplois permanents de l'enseignement supérieur.
Mécanique des solides, génie mécanique, productique, transport, génie civil (GER 8.2) :
Ce secteur - où le nombre des thèses augmente fortement - voit s'accroître en 1994 la proportion des post-doctorants (+ 5 points) et diminuer de 10 points celle de l'ensemble des recrutements dans l'enseignement supérieur. Les débouchés dans les organismes de recherche ont doublé en valeur absolue mais les recrutements en entreprises stagnent.
Au total, le taux de "sans emploi" s'est accru de près de trois points en un an et passe au-dessus de la moyenne. Il est particulièrement élevé chez les "sans financement", au demeurant peu nombreux. Il est relativement sévère chez les allocataires de recherche, qui se caractérisent déjà par une forte proportion d'ATER.
La physionomie de ce "petit" GER s'est quelque peu modifiée en un an : l'industrie est restée un débouché important (27 % des recrutements en entreprise) mais l'enseignement supérieur représente maintenant le premier débouché avec presque autant de recrutements permanents.
Il s'ensuit une nette amélioration de la situation de l'emploi avec des taux de "sans emploi", de post-doctorants et d'ATER inférieurs aux taux moyens.